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La Perspective D’une Experte Sur Le Marché Africain Des Transferts De Fonds Dans Le Contexte De La Pandémie

La perspective d’une experte sur le marché africain des transferts de fonds dans le contexte de la pandémie

Chef de projet chez DMA Global Ltd, un cabinet de conseil siégeant à Londres, Francine Dove est une spécialiste des transferts de fonds et des affaires liées à la diaspora, basée au Ghana. Nous l’avons contactée afin d’obtenir le point de vue d’une experte sur l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les transferts de fonds en Afrique. Nous avons également demandé à Francine de nous parler des défis engendrés par la pandémie, ainsi que de sa vision de l’avenir.


Quelles sont les implications de la pandémie de Covid-19 pour les transferts de fonds en Afrique ?

La pandémie de Covid-19 a entraîné un déclin généralisé des flux de transferts de fonds à destination de l’Afrique, où 1 personne sur 5 reçoit ou envoie des fonds internationaux. Les opérateurs de transferts ont assisté à une baisse rapide de l’utilisation des services traditionnels de transferts en espèces. Cependant, l’utilisation des circuits de transferts numériques a augmenté, ce qui s’explique en partie par la clôture de points de transferts dans les pays envoyeurs, ainsi que par les restrictions mises en place au niveau du fonctionnement du réseau d’agents dans les pays bénéficiaires, dans le cadre des protocoles de sécurité relatifs au Covid-19. Certains opérateurs fournissant des services de transferts de fonds ont enregistré des hausses de volume importantes d’une année sur l’autre, mais il reste à voir si cela va durer. Il est probable que les transferts de fonds transfrontaliers informels effectués par le biais d’agents ou de parents ou amis en déplacement – une pratique très répandue en Afrique – aient également été affectés par la fermeture des frontières.

Quelles sont les perspectives pour le marché de l’après-Covid ?

La perspective principale de l’après-Covid est une stimulation continue et accrue de l’utilisation des circuits numériques de transferts de fonds. L’éducation financière se rapportant aux services financiers numériques est un élément clé de la transition des espèces traditionnels vers le numérique. Les transferts de fonds numériques sont plus rapides, plus pratiques et souvent plus économiques. De plus, ils permettent aux envoyeurs et aux utilisateurs de limiter leur contact avec l’argent liquide, et donc d’adhérer aux protocoles de sécurité Covid-19 de leur pays. Il est nécessaire d’étendre l’infrastructure des services financiers numériques aux zones rurales, afin de rendre ces services accessibles à la population de ces zones.

Quels sont les principaux défis, selon vous ?

Les deux défis principaux sont les suivants : 1. une disponibilité limitée des données concernant les transferts de fonds et 2. un manque de sensibilisation des familles migrantes et de la diaspora. Des données fiables et disponibles en temps opportun permettent une meilleure compréhension des marchés et améliorent l’efficacité des processus décisionnels et d’élaboration des politiques des entreprises. Quant à la sensibilisation des familles migrantes et de la diaspora, elle est essentielle pour bien comprendre les motivations et habitudes des envoyeurs et bénéficiaires de transferts de fonds, ainsi qu’au développement de nouveaux services et produits de transfert.

Quelles mesures ont déjà été mises en place sur le continent pour renforcer la transparence, l’efficacité et le respect de la réglementation au sein de ce secteur ?

Le programme PRIME Africa soutient la mise en œuvre de cadres réglementaires nationaux cohérents, en vue de favoriser la concurrence dans les couloirs de transferts de fonds et d’assurer la sécurité, la rapidité et l’accessibilité financière des transferts. Le programme PRIME Africa, qui se déroulera sur 4 ans et vaut 15 millions d’Euros, est géré par l’IFAD et financé par l’UE. Il a pour objectifs d’accélérer la numérisation des transferts de fonds, de réduire le coût des transferts en Afrique, d’améliorer l’inclusion financière et d’aider à formaliser les transferts informels.

Selon vous, y-a-t-il matière à amélioration en ce qui concerne les capacités de supervision et d’analyse de volumes élevés de transactions ?

Oui. Comme je l’ai déjà mentionné, les données relatives aux transferts de fonds sont essentielles lorsqu’il s’agit de fournir des renseignements de bonne qualité concernant le marché pour informer les politiques et les décisions d’affaires. Les améliorations possibles incluent l’automatisation des processus de collecte des données, le rassemblement de données relatives aux transferts informels et la publication de ces données au profit des intervenants du marché. Au niveau des sociétés et des responsables, l’utilisation accrue de systèmes technologiques de pointe aiderait à superviser ces flux.

Selon vous, quelles sont les améliorations à apporter d’un point de vue technologique ?

D’après moi, l’amélioration technologique principale serait de renforcer l’écosystème des paiements numériques dans tous les pays africains et d’assurer l’accès à tous les types d’institution financière. Un écosystème des paiements numériques robuste aiderait à réduire les coûts et à fournir des services plus efficaces. Cela est particulièrement important pour les solutions relatives à l’argent mobile.

Francine Dove, Project Manager DMA Global Ltd

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